Littérature

Titan noir

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Aujourd’hui, je vous parle d’un livre reçu grâce au site lecteurs.com, Titan Noir de Florence Aubry, un roman magnifique qui m’a attrapé pour ne plus me lâcher.

Avant même de commencer à lire, j’étais à peu près sûre que j’allais aimer ce livre. Quand je critiquais des romans pour le magazine littéraire jeunesse Virgule, j’ai reçu pas mal de livres des éditions du Rouergue, et je les ai tous adorés.

Titan Noir s’annonçait comme un livre choc, inspiré d’une histoire vraie sur le calvaire des cétacés en captivité, et je n’ai pas été déçue.

Résumé :

Après son bac, Elfie trouve un emploi comme caissière dans un parc océanographique. Elle gravit rapidement les échelons et se retrouve bientôt dresseuse d’orques, et plus particulièrement de Titan, la grande orque noire. Mais la belle amitié homme-animal qu’Elfie s’était imaginé prend une tournure de plus en plus sombre au fur et à mesure qu’elle apprend la vérité sur le calvaire des cétacés dont elle a la charge. Tiraillée entre l’envie d’une confiance réciproque entre elle et l’orque, et les preuves qui s’entassent contre les conditions de vie de Titan, entre son enthousiasme et la colère des « manifestants du rond-point », Elfie va devoir affronter la réalité, même quand celle-ci n’est pas agréable à regarder…

Ce livre est séparé en deux, de manière plus que visible, même avant de commencer la lecture. Il y a les pages narrées par Elfie, noir sur blanc, comme avec tous les livres ; puis à ce blanc vient s’interposer les pages sombres d’un narrateur dont l’identité reste inconnue jusqu’à la fin, imprimés blanc sur noir.

Cette particularité nous prévient bien du déroulement de l’histoire : ce n’est pas une belle histoire où l’animal devient le meilleur ami des gentils humains. C’est un livre qui pose des questions, qui nous force à regarder d’un œil nouveau les clichés que l’on pourrait avoir sur les cétacés. Et puis, ce détail particulier m’a intrigué avant même que je ne commence ma lecture. J’aime les livres bien sûr pour les histoires, pour les personnages, mais également pour le livre en tant qu’objet, et cette spécificité m’a tout de suite plu.

J’ai adoré ce livre, je l’ai dévoré en quelques heures à peine, tant il est prenant. Dès les toutes premières pages, le narrateur mystérieux des pages noires nous interpelle, nous parle de cette orque, dont nous ne connaissons pas encore l’histoire, et qui pourtant va nous suivre durant toute notre lecture. Cette orque dont la souffrance et la colère débordent des pages jusqu’à envahir toute l’intrigue.

« Jamais il ne sera ami avec l’un d’entre nous, même si autrefois, ça aurait pu être le cas. Et pourquoi ? Parce qu’il y a longtemps qu’il sait qui nous sommes, il sait exactement qui et comment nous sommes, et le mal que nous sommes capable de lui faire. Il n’y a pas de limite à la douleur que nous pouvons lui infliger. »

Du point de vue d’Elfie, nous assistons à sa lente découverte de la vérité, nous voyons son enthousiasme se fissurer de doutes. Florence Aubry a réussi à instaurer une atmosphère lourde qui pourtant ne devient jamais trop pesante, son écriture fluide m’a entraîné sans que je voie le temps passer. Simplement écrit, mais direct, Titan Noir est un de ces livres dont on ressort étourdi.e, la tête vibrante de questions.

Il est toujours assez dur d’expliquer pourquoi l’on a aimé un livre, je dirais donc simplement que ce livre m’a beaucoup touché. Tous les personnages, y compris Titan, sont plein d’émotions, émotions que j’ai retrouvé rien qu’en relisant le premier chapitre avant d’écrire cette chronique. Ils sont complets, tous à leur manière, débordant d’humanité.

« Elle pensait qu’elle lui faisait du bien. Elle pensait qu’elle lui apportait de la tendresse, du réconfort, dans l’univers brutal qu’est celui de l’incarcération. Mais la vérité, c’est qu’elle ajoutait de la brutalité à la brutalité, parce que toute cette douceur, c’est du mensonge, du pur mensonge. »

C’est un livre qui vous prend aux tripes et qui reste avec vous longtemps, du moins, c’est l’effet qu’il m’a fait ! J’ai du coup bien envie de regarder Blackfish, le documentaire qui a inspiré cette histoire à l’auteure.

Titan noir est une lecture émotionnellement dure, mais nécessaire, et plus qu’importante, car, encore aujourd’hui, des cétacés sont maltraités dans des parcs océanographiques, et privés de la chose la plus élémentaire : la liberté.

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